À Bordeaux, face à la pluralité des climats (océan sec ou humide, sols argileux, graves, calcaires), toute pratique culturale est un pari équilibriste. Le bio impose adaptation, vigilance, mais reste dans le champ du visible. La biodynamie, elle, ajoute une dimension supplémentaire : elle demande d’écouter la vigne “autrement”, de la lire sur son pouls rythmique, de la toucher avec le regard et l’intuition.
- Préparation, emploi des tisanes, et dynamisation
Un coup d’œil au chai biodynamique de Château Falfas, par exemple, révèle de grands fûts d’eau, des brassages méticuleux à la main, une atmosphère quasi rituelle. Ici, les préparations sont réserver, dynamisées, puis répandues de l’aube au soir – “à l’heure où la rosée épouse la feuille” comme le dit joliment une vigneronne de Saint-Foy.
- Le tri exigeant de la vendange
Beaucoup de propriétés bio ou biodynamiques à Bordeaux choisissent la vendange manuelle, pour préserver les raisins intacts, surtout lors d’années précaires. Certains vont jusqu’à trier deux voire trois fois les baies. Une règle non écrite du naturel, mais qui structure le style du vin.
- Relation au sol, à la plante et au climat
On observe parfois, dans certaines parcelles cultivées en biodynamie, une vigueur de la faune du sol (vers, champignons, microfaunes) plus immédiate – c’est ce qu’ont noté des chercheurs de l’INRAE en Sauternais et dans le Libournais (INRAE, 2021).
Bio ou biodynamie, nombre de vignerons de Bordeaux convergent autour d’objectifs communs :
- Diminuer (encore) l’usage du cuivre,
- Proposer des alternatives naturelles – huiles essentielles, extraits végétaux,
- Rendre la vigne moins dépendante de l’humain, plus résiliente seule.