Tout commence à la source. Un vin naturel exempt de tri, surtout sur raisin fragile, affiche presque toujours une expression aromatique brouillée : notes de moisi, d’animaux, acidité volatile ou texture crayeuse voire poussiéreuse. Au contraire, chez ceux qui trient scrupuleusement, le fruit explose de finesse, la bouche se fait précise et longue, la finale persiste, le vin danse.
“Ce que le vin naturel perd en correctifs chimiques, il doit le gagner en rigueur du fruit”, rappelle un vigneron de Sainte-Foy la semaine dernière, devant sa table de tri installée au petit matin, comme un rituel.
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Arômes : Des raisins sains, soigneusement triés, développent toute la palette naturelle du cépage, sans masques ni défauts.
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Texture : Moins de tanins durs ou rudes, plus de soyeux et de jeunesse en bouche.
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Stabilité : Surtout en nature, la moindre baie “malade” peut lancer une attaque de bactéries ou levures déviantes, entraînant la bouteille dans des chemins dangereux.
Selon une étude relayée par La Revue du Vin de France en 2022, la proportion de bouteilles présentant des défauts hors norme (volatilité, goût de souris, etc.) était divisée par trois dans les lots issus d’un tri soigneux, comparé à une vendange non triée : 6% pour les tris contre 18% dans le lot témoin.
Plus le producteur s’oriente vers le “nature” pur et dur (sans sulfites ajoutés, sans filtration, sans collage), plus le tri devient vital. Certains, comme Richard Leroy ou Catherine et Pierre Breton dans la Loire, acceptent en année difficile de sacrifier 30 à 40% d’une récolte : “Un mauvais fruit entraîne le reste dans sa chute…”, selon eux. Le tri, c’est donc une assurance sensorielle.