On aimerait dresser la carte de ces domaines avec le soin d’un calligraphe. Beaucoup sont de petite taille, souvent en dehors des routes touristiques. Rappelons que certains font le choix de ne pas s’afficher comme “domaines naturels” pour éviter l’écueil de l’étiquette. Les voici : adresses, pratiques, anecdotes, signature des vins…
1. Château Le Geai (Saint-Michel-de-Lapujade)
- Superficie : 15 hectares, dont 2,5ha consacrés aux expériences naturelles.
- Vigneron(ne) : Jean-Christophe Comor (ex-militant, passé par le Clos des Boutes et la région PACA, installé ici depuis 2020).
- Pratiques : Conversion bio, vendanges manuelles, cuvées souvent sans soufre. Les rouges comme “Le Temps d’un Souffle” réconcilient puissance bordelaise et grâce juteuse du fruit.
- Anecdote : Les étiquettes, toutes faites à la main, racontent la météo de l’année… Déguster un Geai, c’est aussi remonter le fil d’une histoire météorologique locale.
- Source : Site officiel chateaulegeai.fr
2. Château Les Trois Petiotes (Saint-Androny, à la lisière nord-est de l’Entre-deux-Mers)
- Superficie : Moins de 2 hectares !
- Vigneronne : Emilie Aulanier, ancienne sommelière reconvertie.
- Pratiques : Zéro intrusion, micro-rendements (jamais plus de 20hl/ha), vinifications sans intrant depuis l’origine. Style très personnel, épuré, parfois clivant.
- Point fort : Les vins rouges qui prouvent que la finesse n’a pas de frontière — et que le Malbec, ici, chante aussi bien que le Merlot.
- Source : Reportage Causeur (2023)
3. Château Massereau (Barsac, extrémité sud, esprit Entre-deux-Mers)
- Superficie : 19 hectares dont 12,5 en production selon les années.
- Vignerons : Famille Chaigneau.
- Pratiques : Certifiés bio, récolte exclusivement à la main, vinification douce, très faible soufre (<15 mg/l total), aucune filtration.
- Anecdote : Un des premiers châteaux de l’aire bordelaise à afficher “Vin Naturel” dès 2004 sur ses rouges.
- Le plus : Leur sémillon naturel sec et une rare cuvée “preuve par l’émotion” de la puissance minérale de Barsac.
- Source : massereau.com
4. Clos du Jaugueyron (Margaux—Arsac ; vignobles répartis rive droite et Entre-deux-Mers)
- Superficie : 8 hectares en tout, dont 2 en Entre-deux-Mers pur jus !
- Vigneron : Michel Théron.
- Pratiques : Biodynamie certifiée, vins naturels depuis 2009, macérations longues, élevage précis en fûts.
- Anecdote : Michel Théron refuse la mention “naturel” sur ses étiquettes, préférant la “musique muette de l’authenticité”.
- Source : leclosdujaugueyron.com
5. Domaine Emile Grelier (Lapouyade, nord-est)
- Superficie : 7 hectares.
- Vigneron : Thomas Lemasle.
- Pratiques : Bio, sans intrant, travail en permaculture, élevages courts et vins blancs ou rouges “hors cadre”.
- Signature : Un “Bordeaux Révolution” à la bouche droite, touche florale sur fruits rouges qui éclabousse la langue — le naturel n’est pas qu’une revendication, c’est une hygiène du vivant.
- Source : emilegrelier.com